D'un comptoir d'escompte à la monnaie sur chaîne
Chaque date ci-dessous vient du domaine public. La fenêtre qui compte est ouverte en ce moment : la banque écrit son plan 2027–2030, l'Europe publie sa nouvelle loi sur les paiements, et les premiers règlements en monnaie de banque centrale tokenisée sont annoncés pour ce trimestre.
Un comptoir, deux fusions, une banque
Le Comptoir national d'escompte de Paris (CNEP) est fondé en 1848, dans les semaines qui suivent la révolution de février, pour rétablir le crédit aux commerçants parisiens. En 1966, sa fusion avec la Banque nationale pour le commerce et l'industrie donne la Banque nationale de Paris (BNP) ; en 2000, la fusion de la BNP et de Paribas crée BNP Paribas. C'est de ce comptoir de 1848 que la banque date elle-même son histoire.1
La promesse aux quartiers, puis la promesse en heures
En 2006, la Fondation BNP Paribas et la banque commerciale en France lancent le Projet Banlieues : un soutien de trois ans, financier et humain, à des associations de proximité qui agissent pour l'éducation, l'emploi et le lien social dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) — les quelque 1 500 quartiers que l'État désigne comme les plus en difficulté. Le 5 décembre 2019, le groupe lance #1MillionHours2Help (« un million d'heures pour aider ») : chaque salarié peut consacrer du temps de travail à des missions solidaires, avec l'objectif collectif d'un million d'heures par an, issu de l'accord social signé avec la fédération syndicale internationale UNI Global Union en 2018.4,5
La banque expérimente la chaîne — et la Cour de cassation lui répond sur la fraude
En 2022, la banque de financement et d'investissement (BFI) du groupe émet une première obligation tokenisée — c'est-à-dire inscrite sous forme de jeton numérique sur une chaîne de blocs (blockchain, un registre partagé et infalsifiable) — via sa plateforme AssetFoundry. En 2024, BNP Paribas est la seule banque à tester les trois solutions de règlement en monnaie de banque centrale de l'Eurosystème, sur dix cas d'usage, dont l'obligation numérique de 30 millions d'euros de la République de Slovénie — la première d'un État de la zone euro. La même année, le 23 octobre, la Cour de cassation rejette le pourvoi de BNP Paribas et confirme qu'elle doit rembourser 54 500 euros à un client trompé par un faux conseiller dont l'appel affichait le numéro de sa vraie conseillère : c'est à la banque de prouver la « négligence grave » du client, et un numéro usurpé abaisse la vigilance qu'on peut attendre de lui.9,16,17
Une année de jalons : fonds tokenisé, Canton, stablecoin, 112 associations
En mai, BNP Paribas Asset Management (la société de gestion du groupe) émet ses premières parts de fonds monétaire tokenisées au Luxembourg, sur une chaîne privée. Le 9 septembre, la banque rejoint, avec HSBC, la Canton Foundation — l'organe de gouvernance du réseau Canton, une chaîne de blocs à accès restreint conçue pour les institutions financières. Le 6 novembre, une loi crée le fichier national des IBAN signalés pour risque de fraude. Le 20 novembre, la Fondation annonce 112 nouvelles associations lauréates du Projet Banlieues, portant à 1 500 le nombre d'associations soutenues depuis 2006, pour 1,6 million de bénéficiaires. Le 1er décembre, BNP Paribas rejoint le consortium de banques européennes qui crée Qivalis, émetteur d'un stablecoin en euros — une monnaie numérique sur chaîne adossée un pour un à l'euro — conforme au règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets, le règlement sur les marchés de crypto-actifs).4,18,20,21,8
La fraude par manipulation franchit un cap, la banque met un fonds sur Ethereum, et bat son objectif de fonds propres
Le 27 janvier, l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France publie ses chiffres du premier semestre 2025 : 618 millions d'euros de fraude, et une fraude « par manipulation » — le faux conseiller, le faux SMS, l'ingénierie sociale — qui atteint quelque 245 millions d'euros, en hausse de 37 %, soit près de 40 % du total. Le 20 février, BNP Paribas Asset Management émet une catégorie de parts tokenisées d'un fonds monétaire de droit français sur la chaîne publique Ethereum, en accès restreint — une expérience intragroupe, ponctuelle, mais sur une chaîne que tout le monde peut lire. Le 23 avril, les textes définitifs du règlement européen sur les services de paiement (PSR, Payment Services Regulation) sont publiés : la banque d'un client trompé par un usurpateur devra le rembourser intégralement. Le 7 mai, la Banque de France active le fichier des IBAN signalés. Le 23 juillet, la banque publie un ratio de fonds propres CET1 de 13,0 % — son objectif 2027 atteint avec un an d'avance — et un résultat net trimestriel de 4,3 milliards d'euros.2,7,8,13,19
Trois horloges tournent en même temps
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé pour ce troisième trimestre le lancement pilote de Pontes, le pont entre les plateformes de chaînes de blocs des banques et TARGET, le système de règlement en monnaie de banque centrale — BNP Paribas figure parmi les participants de son groupe de contact. Qivalis attend son agrément d'établissement de monnaie électronique auprès de la banque centrale néerlandaise pour lancer son stablecoin au second semestre. Le règlement sur les services de paiement doit paraître au Journal officiel de l'Union européenne dans les mois qui viennent, ce qui déclenche un compte à rebours d'environ vingt et un mois avant son application, vers 2028. Et la banque écrit en ce moment son plan stratégique 2027–2030, annoncé pour le début de 2027 : la promesse à laquelle cette étude pourra la tenir est celle qu'elle est en train de rédiger.2,3,13,21,22